99 jours, 45 conférences, 17 animateurs, 1034 inscrits, 12681 km parcourus par notre directeur : Merci beaucoup pour votre participation active à nos événements sur l'IA !
Nous avons clôturé notre Tour de France de l’intelligence artificielle avec des débats passionnés, animés par une question centrale : où nous mène l’IA ? À court terme, comme à plus long terme, les perspectives du machine learning et de l’automatisation intelligente suscitent autant d’enthousiasme que d’inquiétudes. Pour nos intervenants, il faut refuser les travers de l'IA et adopter un usage raisonné...

Consommations excessives d’énergie et non respect de l’environnement…
L’intelligence artificielle consomme des ressources colossales : formation des moteurs d’IA, modèles multimodaux, génération d’images ou de vidéos, etc… Selon un rapport publié en avril par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation d’électricité de l’IA générative devrait atteindre environ 945 térawattheures, soit plus de la consommation totale d’électricité du Japon.
Est-il raisonnable de consommer autant d’énergie pour produire des images telles que des starter packs ou des illustrations Ghibli qui finiront dans l'oubli en 24h mais pollueront nos serveurs pour des décennies ?
… ou optimisation de la consommation industrielle
A contrario, l'IA est utilisée aussi pour faire de conséquentes économies d'énergie en optimisant les consommations du quotidien comme par exemple dans l’agriculture avec des résultats spectaculaires :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-7909541
Appauvrissement culturel et standardisation de la pensée…
Avec l’automatisation de la production de musique, d’articles, de scripts et même d’œuvres d’art, nous voyons émerger une culture générée à la chaîne, sans intention humaine profonde. Les réseaux sociaux sont inondés de morceaux musicaux générés automatiquement, de romans fabriqués à la volée, d’images sans photographe. L’originalité, la nuance, le style personnel s’érodent gravement. Quand tout le monde utilisera les mêmes prompts pour obtenir les mêmes images et les mêmes textes, quelle diversité et quelle culture nous restera-t-il ?
... ou créativité augmentée ?
Mais, quand elle est bien utilisée, l’IA n’écrase pas la créativité : elle l’amplifie. Elle devient partenaire d’écriture, générateur d’idées, source d’exploration. Un designer peut tester plusieurs variantes visuelles instantanément, un musicien peut expérimenter de nouveaux styles, un architecte peut simuler des plans en quelques clics. Des exemples très probants se multiplient depuis le début de l’année quand l’humain garde l’intention et le jugement.
Menaces économiques et sociales…
L’automatisation touche des métiers qu’on pensait autrefois épargnés : traducteurs, juristes, designers, rédacteurs, standardistes. Une IA peut déjà prendre des appels, rédiger des contrats ou analyser des données médicales. Pour les travailleurs les plus exposés, cela génère une peur légitime de déclassement. Et si l’IA remplace l’humain dans ces métiers, que restera-t-il pour les classes moyennes ? Ne nous précipitons-nous pas vers un modèle d’entreprise automatisée qui va très vite lasser ses clients, fatigués de ne parler qu’à des robots à l’empathie artificielle ?
... ou amélioration de la productivité et des conditions de travail ?
L’IA permet toutefois d’automatiser les tâches répétitives, chronophages, pénibles. Les agents conversationnels allègent le travail des hotliners, les outils d’analyse automatique facilitent les prises de décision, les assistants de rédaction accélèrent la production de documents. Dans de nombreuses PME, cela se traduit par des gains de temps substantiels et une meilleure qualité de vie au travail.
Manipulations d’opinion et polarisation sociale…
L’un des risques les plus insidieux vient de l’automatisation de la diffusion de contenus sur les réseaux sociaux. Une IA peut générer des milliers de messages convaincants, ciblés, faux ou déformés. Des campagnes de désinformation automatisées existent déjà. En période électorale, cela devient un outil redoutable pour manipuler l’opinion publique sans qu’elle en ait conscience.
... mais appui à l’éducation et à la formation
Les enseignants peuvent s’appuyer sur l’IA pour proposer des supports adaptés au niveau de chaque élève, générer des quiz personnalisés, traduire des cours, reformuler des textes difficiles ou personnaliser leur enseignement pour les élèves qui en ont le plus besoin. Certains outils d’analyse pédagogique permettent d’identifier les points de blocage d’un apprenant pour mieux l’accompagner et éviter des décrochages scolaires :
https://www.lesoleil.com/actualites/actualites-locales/2025/01/30/un-outil-antidecrochage-sera-utilise-dans-toutes-les-ecoles-du-quebec-4WDEZPEEZNBYHGNP5NJ367LCTA/
Pertes de données et atteintes à la vie privée…
Les IA génératives sont nourries de données récupérées sans autorisation. Des milliers d’œuvres, de lignes de code, de textes ou de photos sont utilisées pour entraîner des modèles sans que leurs auteurs soient consultés. Par ailleurs, certains modèles conservent des fragments de données sensibles. Les exemples de fuite de contenus confidentiels telles que celles qu’a connues Samsung en 2023 se multiplient et de trop nombreuses entreprises ne comprennent toujours pas aujourd’hui les failles et les enjeux.
... mais progrès majeurs en santé et recherche scientifique
L’IA accélère toutefois la découverte de nouveaux médicaments, l’analyse d’images médicales, la modélisation de protéines ou la détection de maladies rares. Lors de la pandémie de Covid-19, des IA ont aidé à identifier des molécules candidates et à modéliser la propagation du virus. Aujourd’hui, elles aident à anticiper des diagnostics, gagnant parfois de précieuses semaines sur des traitements vitaux.
... et amélioration de l’accessibilité
Des IA permettent aujourd’hui à des personnes non voyantes de naviguer sur le web grâce à la description d’images, ou à des personnes malentendantes de suivre une conversation avec transcription en temps réel. L’IA peut être un formidable levier d’inclusion.
Conclusion : Aucun progrès ne sera possible sans intelligence humaine et sans formation…
L’intelligence artificielle n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est un outil, dont la portée dépend de l’usage qu’on en fait, et de l’esprit dans lequel on l’utilise. Nous devons en urgence former et éduquer nos équipes, nos entreprises et nos enfants à une utilisation raisonnée et intelligente de la machine. A Dawan, nous nous engageons à promouvoir une utilisation éclairée et raisonnée de l'intelligence artificielle.
Nous ne pourrons pas faire progresser l’humanité en laissant l’IA contrôler nos vies et décider à notre place. Réussissons à nous détacher de la technologie pour distinguer les bonnes utilisations de l'IA des mauvaises et adoptons simplement les conseils de nos illustres penseurs comme Pasteur qui, en 1888, nous exhortait déjà :
« Ayez le culte de l'esprit critique ! Réduit à lui seul, il n'est ni éveilleur d'idée, ni un stimulant de grandes choses. Sans lui tout est caduc. »

